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Mardi 07 Sep 2010
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Vous êtes ici : Accueil Bibliothèque Article La vie des unités Au 93e RAM FMIR - Promotion Paul VALLIER, Fév. 2010 au 93ème RAM

31

Mar

2010

FMIR - Promotion Paul VALLIER, Fév. 2010 au 93ème RAM PDF Imprimer Envoyer
Écrit par ADM LUDIG et LANEYRIE   

Jour J : Arrivée au Quartier Reyniès

Bien que les stagiaires arrivent au compte-gouttes, tous sont impatients de découvrir le monde militaire. Pour se mettre rapidement dans l’ambiance, on revêt la tenue de rigueur, le treillis, et on révise le protocole de présentation avant l’entretien avec le chef de section. Cette étape obligatoire franchie, la première activité collective de la FMIR débute : le chant! Eh oui, sans plus attendre, nous apprenons les paroles du chant traditionnel « Le Volontaire ». Parallèlement, on fait rapidement connaissance dans les chambres et déjà, une bonne ambiance règne au sein de la section.

Jour 1 : « Garde à vous ! »

Réveil : 5h45. On ignore encore à ce moment-là qu’il s’agit du réveil le plus tardif de la FMIR. On enchaîne ensuite avec les TIG (Travaux d’’Intérêt Général) et l’on mesure l’ampleur de la tâche - chambres, sanitaires, couloirs, escaliers - face au peu de temps qu’il nous reste, sachant que le rassemblement est fixé à 6h30. Lors de ce dernier, on remarque à côté de nous les militaires d’active qui font leurs classes. La différence : nous, nous avons la casquette, eux, le chapeau de brousse. On paraît assez ridicule sans notre Tarte mais on sait qu’on doit la mériter.

Après la revue des TIG et quelques lits défaits, on a pu confirmer la bonne forme physique de l’ASP S. lors de la tournée « des barres ». A la fin d’une journée de cours et l’apprentissage des rudiments de l’ordre serré, on perçoit l’armement : le FAMAS ! Pendant toute la soirée, nous prêterons une oreille attentive aux propos des cadres afin d’apprendre d’eux les caractéristiques de notre nouvelle « femme ».

Jour 2 : Du froid matinal au sang chaud de l’adjudant L.

Le petit déjeuner pris, course d’orientation avec l’aspirant D. en tenue de sport ! L’intensité physique de cette activité nous a rapidement distraits du froid matinal. A noter, le « point culture du jour » du stagiaire R. sur l’histoire des Troupes de Montagne, le béret alpin et St Bernard, point sans doute le plus long de la FMIR… Il faut savoir que chaque matin, un élève est désigné « élève du jour ». Il doit présenter un thème devant la section complète: le Drapeau français, la Marseillaise, la Sainte Barbe, l’Histoire du 93ème RAM, la tradition de la popote, le code du soldat.  

A l’issue de la course, suivie d’une bonne douche, la moitié de la section passe le module alpha de l’ISTC avec l’adjudant L. Son caractère et son franc-parler nous permettent d’intégrer au plus vite les règles de sécurité et la bonne gestuelle quant à la manipulation de notre armement. Dans l’après-midi, on apprend les positions de tirs : couché bras franc, couché bipied, accroupi, deux genoux à terre, un genou à terre, assis, debout. Dès lors, la section est impatiente d’utiliser l’arme, même si beaucoup appréhendent ce moment.

Jour 3 : Premières séances de tirs

Enfin,  on utilise le FAMAS ! Après avoir validé le CATi (Certificat d’Aptitude au Tir) et le module Alpha, la section passe le module Bravo. Il s’agit d’atteindre plusieurs cibles en doublette à des distances et des positions différentes : 25 m et 50 m debout, 75 m en position intermédiaire et 100 m couché. Chaque tir doit s’effectuer en temps limité.

Pour nous préparer, nous bénéficions de plusieurs séances d’essai. Nous devons ajuster notre tir en réglant notre guidon et notre œilleton : les organes de visées. Le Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne n’est pas une arme silencieuse : la détonation est très puissante et il nous est impossible de tirer sans nos BAB, les Bouchons Anti Bruits. Après quelques tirs pour nous habituer à l’arme, nous nous entraînons progressivement pour l’épreuve.

Jour 4 : Stagiaire L. : shooter d’élite

Compte-tenu de la répartition de la section en 3 groupes, nous ne passons pas l’examen tous en même temps. Le module Bravo n’est pas facile à obtenir, aussi nos instructeurs ont-ils eu la bienveillance de nous le faire passer plusieurs fois. Seul le stagiaire L. l’a validé du premier coup. Chapeau bas, cher camarade ! Après ce premier essai, le groupe est allé s’entraîner au parcours d’obstacles. Cette activité, effectuée sous le soleil, avec une vue superbe sur les massifs environnants, a permis de détendre le groupe plutôt abattu après le test manqué.

Jour 5 : Parcours d’obstacles et Bac à sable

Alors qu’une partie de la section malmène les cibles basculantes, l’autre partie en profite pour réviser sa tactique militaire dans un … bac à sable ! Un vrai bac à sable avec des petits soldats, des chars d’assauts, des arbres et bâtiments miniatures (comme la mythique Commande Tour Régionale). Chaque opération est filmée. L’objectif est de travailler les techniques de déplacements en groupe et en trinôme mais aussi les procédures de communication. Lorsque l’ennemi (les soldats de l’aspirant en l’occurrence) commence à réagir, les passions surgissent et une frénésie s’empare des protagonistes. Les petits soldats prennent vie : on se croirait dans Toy Story !

Le parcours d’obstacles (ou parcours du combattant) est le passage obligatoire pour tout  militaire digne de ce nom. Comme le dit si bien l’adjudant L. « Je suis là pour former des militaires, pas des réservistes ». Sur un parcours de 500 m environ, nous devons enchaîner les passages en barrage, le ramper, sauter dans la fosse et en ressortir, se hisser sur la planche irlandaise…  Beaucoup ont découvert qu’ils étaient capables de dominer la plupart des obstacles et curieusement, ce ne sont pas toujours les plus grands qui s’en sortent le mieux…

Jour 6 : Dernier jour en caserne

Le dernier jour au quartier marque le premier jour des évaluations écrites. Nous sommes interrogés sur une grande partie des cours dispensés jusque là (grades, armement, topographie). Les derniers cours étaient plus difficiles à suivre. Ceux qui ne résistaient plus à la fatigue devaient se tenir debout afin de rester « éveillés ». Malgré l’intérêt des cours, le manque de sommeil se fait inévitablement et rapidement ressentir en position statique. Nous avons également eu un cours sur les grenades à main, les grenades à fusils, les mines et leurs effets.

Nous retiendrons aussi de cette journée, le renforcement musculaire au fusil d’assaut :

 « Il pèse combien votre FAMAS ?

- 3 ,780 kg mon Lieutenant ! »

Jour 7: Combat Urbain

  « Réveil ! Réveil ! Réveil ! Dans dix minutes tout le monde est en bas ! Rassemblement ! Préparez vos sacs ! »  C’est le Brigadier L. faisant  irruption dans les chambres après une nuit de deux heures pour les plus chanceux. Mais on est tous motivés : les opérations de terrain  vont commencer,  l’occasion de mettre enfin en pratique ce que l’on a appris la première semaine et montrer ce dont on est capable. 

Direction : le fort de Comboire, à 15 minutes de la caserne. Chaque Golf (les 3 groupes de notre section) part dans son véhicule. Les  Famas et les ANP (Appareil Normal de Protection) embarqués, on se serre un peu, mais très vite la fatigue se fait ressentir  et  les stagiaires, les paupières lourdes,  somnolent.

Arrivés au fort, la vue splendide nous réveille: Grenoble brille de mille feux. On installe le bivouac à l’intérieur d’une salle du fort et on allume un grand feu. On croit alors qu’on va pouvoir se reposer dans un des abris lorsque le MDL G. et l’ADJ J. sortent l’attirail : groupe électrogène, PC portable, rétroprojecteur braqué sur le Boxer blanc pour une séance de cinéma en plein air : La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott !!! A la fin du film, à 6h30, nous devons nous prêter à une évaluation plutôt atypique pour l’ensemble de la section, composée en majorité d’étudiants : une dissertation sur la tactique déployée par les troupes de l’US Army lors des combats de Mogadiscio. Un interlude inoubliable : la lutte contre le sommeil, le froid et la faim. Nous concentrons toute notre énergie pour exposer notre point de vue sur les erreurs d’appréciation et de coordination de l’armée américaine, avec en arrière plan la chaîne du Vercors illuminée par le soleil levant.

Après avoir rendu une pâle copie, on apprécie grandement la RICR : Ration Individuelle de Combat Réchauffable ;  la meilleure de toutes les armées du monde. On dit qu’une ration française s’échange contre 10 américaines. Le prestige de la France s’étend même jusque sur les paquets d’allumettes décorés d’une photo de la Tour Eiffel ou de l’Arc de Triomphe.

Et puis nous voilà partis pour une matinée d’application et d’apprentissage du combat en trinôme : appui, soutien, « photo »…

Bien que la matinée ait défilé à vive allure,  l’après-midi s’annonce encore plus excitante : combats en groupe, avec entrée dans les bâtiments militaires truffés d’instructeurs imprégnés à merveille de leur rôle de plastron. Les tirs de balles à blanc résonnent dans le fort et les tactiques s’enchaînent.

En fin de journée, une bonne collaboration s’installe entre les groupes et les trinômes de tête mettent fin aux actions des plastrons.

Malgré une excellente journée, les instructeurs sentent la fatigue dans les rangs de la section et nous octroient une nuit de repos au quartier.

Jour 8: Repos et direction : la forêt

Réveil : 10h… Eh oui !  Il faut bien cela pour recharger les batteries après une semaine intense.

Dès l’après-midi, reprise du combat en groupe mais cette fois-ci, changement de décor avec la forêt de Notre-Dame-de-Mésage où nous installons sommairement le campement, ramassons du bois et hissons le drapeau pour la cérémonie des couleurs (même en pleine nature !).

Nous nous préparons pour le front. Camouflage oblige, les stagiaires mettent la tête dans la boue et en avant pour la reconnaissance de la cabane dans les vignes, il faut être en mesure de tenir la position, de reconnaître la colline surplombant le camp, d’observer et éclairer un chemin…

Ensuite BCH V. nous donne un cours sur les différentes techniques d’installation d’abris avec des bâches pour passer la nuit mais on se rend compte rapidement que l’on ne va pas beaucoup dormir. Et pour sûr, avec quatre attaques au cours de la nuit, dont deux chimiques, les stagiaires étaient en alerte, hormis certains qui ont quand même réussi à dormir avec l’ANP !

Jour 9: Evaluation

Sur un parcours de 10 km, les groupes s’élancent vers les divers ateliers : transmissions, NRBC, topographie, armement et combat. Entre les épreuves, on rattrape son retard, on révise et on se ravitaille.

On retiendra la prouesse de certains pour avoir porté sur le brancard le stagiaire R., se plaignant de la jambe, jusqu’à l’examen de transmissions. Grâce à la motivation et à l’esprit de cohésion régnant dans la section, le blessé a été transporté sur un chemin en montée dans la boue et les caillasses.

Après le lever du camp, la section s’en va rejoindre la base. Mais avant tout, passage à « l’éléphant bleu » pour nettoyer les utilitaires et les 3 rangées de rangers archi-dégueulasses. Le lavage intérieur des véhicules a  été quant à lui un peu plus laborieux.

Nous retournons au fort de Comboire pour la nuit, mais cette fois, pas de combat urbain. Un petit exercice d’Evacuation Sanitaire aura permis de nous confronter à une situation de stress. La mission : retrouver le CDS et nos CDG blessés au milieu d’un fort dont l’air est saturé par la fumée verte d’un fumigène : utilisation de l’ANP indispensable !

Ensuite, nous respectons la tradition avec un repas de cohésion militaire : la popote. Notre popotier, le stagiaire M. nous donne le menu : merguez et asticots blancs !

Jour 10 : Nettoyage du Famas

Après avoir pris soin de notre arme pendant 10 jours, il est temps de la réintégrer ce qui nécessite préalablement un nettoyage complet de la « bête ». Il ne doit plus rester une seule trace de poudre ou de boue. Elles doivent être impeccables. Nous les démontons entièrement et chaque pièce est passée au crible. Coton-tige, lingettes bébés, pétrole… ce sont nos meilleurs outils pour faire briller  le FAMAS comme un sou neuf.

Jour 11 : Formation PSC1

Nous avons la chance de suivre une formation aux premiers secours dispensée par la Croix Rouge française. Nous apprenons les gestes essentiels à pratiquer en cas d’étouffement, de saignement abondant, de malaise et d’évanouissement. A l’issue de la formation, après plusieurs tests de pratique sur des mannequins, nous sommes aptes à  faire des massages cardiaques et à employer les méthodes de ventilation artificielle grâce à l’utilisation d’un défibrillateur cardiaque.

Jour 12: Remise de la tarte

Voilà plusieurs jours que la section s’interrogeait sur le déroulement et la localisation de la remise de « la Tarte », qui représente l’aboutissement de notre FMIR.

La nuit fut courte, le temps de peaufiner la pucelle et d’y inscrire le nom de notre section, « Paul Vallier ».

Paul Vallier (1920-1944) était ingénieur des arts et métiers et élève officier de réserve. Il entra très vite dans la résistance et devint le chef d'un groupe franc (Combat) qui pendant deux ans mènera la vie dure à l'occupant. Le 22 mai 1944, il tombe dans un piège à Fontaine où il est abattu.

C’est sur les traces de cet illustre résistant de la région grenobloise que la section s’élance pour une marche de nuit.

Nous montons au-dessus de la ville éclairée, dans la forêt des Vouillands, puis continuons sur Fontaine où fût abattu Paul Vallier, par 11 Allemands, alors qu’il appuyait le retrait de son ami Jean Bocq.

Pour rendre hommage au résistant, la section fera une halte devant son mémorial.

Le petit matin se lève sur la capitale des Alpes et la section déambule en ville pour gagner le fort de la Bastille en clamant le chant du stagiaire C. La montée du Mont Jalla se fera au pas cadencé en chantant « le Volontaire » afin de regagner le lieu de la cérémonie de remise des bérets alpins. L’arrivée en groupe est primordiale, aussi se serre-t-on les coudes malgré la fatigue.

On cire tous nos chaussures : on veut être impeccables pour la cérémonie malgré la longue marche nocturne qui nous précède. Tous les stagiaires ont leur brosse dans leur poche. Nous avons droit à une magnifique cérémonie des couleurs avec un drapeau tricolore gigantesque.

Enfin nous recevons les Tartes des mains du Commandant B., du Lieutenant S. et des Anciens du 140ème Régiment d’Infanterie Alpine. Fini la casquette. Toute la section a validé sa FMIR : c’est une énorme satisfaction et une excellente preuve de la cohésion qui s’est développée entre nous durant ces deux semaines. Nous sommes vraiment fiers de porter la Tarte.

Après quelques ajustements du couvre-chef, nous avons droit à un petit moment de culture sur l’histoire de la résistance à Grenoble. Nous avons aussi la chance de visiter le tout nouveau musée des troupes alpines. On savoure chaque minute. On sait aussi que la FMIR en est à son crépuscule… Dans le bus qui nous ramène à Varces, on entend les mouches voler : tout le monde dort ! Arrivés à la caserne, nous devons terminer les derniers TIG. Nous repartons comme nous étions arrivés, au compte-gouttes. Certains rentrent jusqu’à Montpellier.

C’était une aventure formidable. Toute la section a tenu bon jusqu’au bout.

Merci à tous.

Merci aux cadres.

Merci Mon Lieutenant.

ADM LUDIG (Major de promotion)
ADM LANEYRIE (2ème de promotion)

 

Mise à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 08:43
 

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